25 novembre 2020

Action et actualité locales

Le 1er décembre et après : exiger une autre politique éducative et dénoncer les conditions de travail dégradées !

Le 1er décembre et après : exiger une autre politique éducative et dénoncer (…)

La crise sanitaire n’en finit plus de révéler les problèmes lourds que connaît le Second degré depuis de trop nombreuses années, et que la politique de J.M. Blanquer aggrave depuis trois ans et demi : effectifs de classes trop lourds, programmes inadaptés, vies scolaires précarisées et en sous-effectifs, mise à l’écart des Psychologues de l’Education, insuffisante reconnaissance des AESH… Ce à quoi il faut ajouter l’insuffisance des dotations en personnels territoriaux .

Partout, le manque de personnels entraîne une dégradation continue des conditions de travail. Que cela soit par :
 des effectifs des classes chargés (dans notre académie, la proportion de classes de collèges à 28 élèves et plus est passée de 8% à 14% en trois ans seulement, et et celles à 36 élèves et plus en lycée de 5% à 13%, quand les classes de secondes de 35 et plus sont, elles, passées de 37 à 48 % en un an seulement) ;
 l’imposition d’une seconde HSA qui amène le volume des Heures supplémentaires au niveau de 2012 (après la saignée des 80.0000 postes réalisées sous - déjà - la houlette du DGESCO J.M. Blanquer...) ;
 ou les remplacements qui peinent à être assurés autrement que par le recrutement toujours plus massif de professeurs contractuels aux faibles salaires,

la situation empire et devient, avec la crise sanitaire, critique, au point d’empêcher une prise en charge satisfaisante des élèves et nourrit une frustration et une souffrance professionnelle.

D’une certaine manière, le ministre l’a reconnu en accordant le recrutement temporaire de 245 emplois d’AED provisoires (jusqu’au 21 février seulement !) pour notre académie, ou en ouvrant enfin le chantier de l’attractivité de nos métiers, avec un début de revalorisation des premières années de carrière et le versement annuel d’une prime d’équipement de 150 €, annoncé pour janvier prochain. Il y a là évidemment beaucoup de démagogie et d’effet d’annonce, et ces premiers gestes sont clairement très insuffisants, et bien éloigné des attentes et revendications des personnels, notamment sur les questions de résorption de la précarité ou des salaires.

Ils ne masqueront pas la perte de 1.800 postes dans le Second degré, quand nous accueillerons 20.000 élèves de plus à la rentrée 2021, et que la hausse des effectifs concernera tous les niveaux de la sixième à la seconde.

Le ministre apparaît aujourd’hui totalement discrédité, en permanence dans l’outrance et l’approximation, dans l’impréparation continuelle, et ses mensonges et manipulations diverses que nous dénonçons depuis des mois apparaissent chaque jour plus nombreux. Il a ainsi perdu toute légitimité du fait de son action destructrice du système éducatif, et notamment du Second degré, après avoir multiplié les mauvais coups : mise en place de ParcourSup, de la réforme du lycée, du baccalauréat, impréparation systématique sur les questions sanitaires et renvoi au local de toutes les décisions, etc... Et maintenant, il s’attaque à l’Education Prioritaire qui, dans notre académie, pourrait concerner aussi bien des collèges et lycées des zones urbaines que les établissements ruraux isolés ... A chaque réforme, il s’est attaqué méthodiquement au Second degré : aux élèves, sacrifiant les plus fragiles et accroissant les inégalités sociales, territoriales, au profit de plus en plus clair d’acteurs extérieurs au Service Public d’Education tel que nous l’entendons ; à nos professions, en niant l’expertise, la compétence et l’engagement quotidien des professionnels de terrain, au mieux perçus comme rétifs aux changements qu’il entend imposer.

La journée du 1er décembre marque pour le ministre la volonté de promouvoir le "professeur du XXIe siècle". Celui-ci ne correspond en rien à ce que nous portons : le professeur n’est pas un concept obsolète à customiser d’urgence ; il n’est pas le seul acteur dans le Second degré, puisqu’il est entouré des CPE, des AED, des PsyEN, des AESH, et des autres personnels qui tous concourent à l’exercice de sa mission ; il n’est pas un supplément d’âme d’une éducation numérique ou à distance (sur le plan-là, il faut appeler à la plus grande vigilance quant aux dérives possibles liées à l’enseignement dit « hybride » : les problèmes posés, pédagogiques, sont nombreux ; ils sont aussi particulièrement lourds d’enjeux en termes de vision du métier) ; il n’est pas taillable et corvéable à merci !

Le SNES-FSU a décidé de faire de cette journée une occasion de faire entendre la voix personnels et des établissements. Pour cela, il appelle :

- à la tenue de réunions collectives et l’organisation de mobilisations, sous toutes les formes qui apparaîtront possibles localement : HIS, Assemblées générales, actions aux abords des établissements, grève, etc ;

 à l’interpellation systématique de l’institution (courriers aux IPR, courrier au recteur, motions et expressions des AG), à l’interpellation des parents, des élus locaux et des parlementaires, en dressant la liste des besoins de chaque établissement, notamment en personnels pour assurer les allègements d’effectifs, soulager les vies scolaires, assurer le bon fonctionnement des CDI, de l’aide à l’orientation, des infirmeries, l’entretien des locaux, etc ;

 à l’affichage, sur les casiers, des revendications salariales dans le cadre de la campagne nationale que mène le SNES-FSU et en appui de ses analyses ;

 à dénoncer les faux-semblants de la communication institutionnelle qui refuse d’adapter les programmes à la réalité de la catastrophe pédagogique du printemps et des difficultés de cet automne (pétition en ligne), ou entend promouvoir des palliatifs numériques qui ont pourtant démontré des 6 derniers mois leur rôle-clef dans le creusement des inégalités entre élèves et l’accroissement de l’hétérogénéité des classes ;

 à soutenir concrètement les mobilisations des AED plus particulièrement engagées ce 1er décembre (voir le tract spécifique Vies Scolaires) ;

 à débattre des suites à donner à cette journée.

A Toulouse, un rassemblement a été déclaré en Préfecture pour cette journée, de 13h à 15h dans les jardins du Rectorat. Le SNES-FSU appelle donc tous les personnels grévistes, quel que soit leur statut, à s’y rassembler. Une AG y est programmée.

Le déplacement pour se rendre à cette manifestation est possible. Un modèle spécifique d’attestation est disponible ici.

FAISONS EN SORTE DE MONTRER, LE 1ER DÉCEMBRE, QUE RIEN NE VA PLUS AU PAYS DE BLANQUER !

PRÉPARONS LA FORTE MOBILISATION DONT A BESOIN LE SECOND DEGRÉ, FAISONS CONNAÎTRE NOS REVENDICATIONS !

Retrouvez ci-dessous une proposition de texte pour interpeller largement sur les conditions de travail et d’enseignement rencontrées dans votre établissement :

Interpellation des personnels sur la situation de l’établissement (texte modifiable)
Interpellation des personnels sur la situation de l’établissement (texte modifiable)