30 septembre 2021

Action et actualité locales

PLE : ne pas se laisser prendre au piège !

PLE : ne pas se laisser prendre au piège !

La période est à la mise en place du Projet Local d’Evaluation (PLE) : réunion en visioconférence en dehors du temps de service, le soir, avec les IPR, conseils d’enseignements, demi-journées banalisées.

Les discours tenus à cette occasion sont le plus souvent problématiques en ce qu’ils relaient les injonctions développées dans le guide de l’Inspection Générale, guide qui n’a aucune portée réglementaire et pose par ailleurs de nombreux problèmes pédagogiques (tant certaines préconisations sont en décalage avec les réalités du terrain).


Qu’est-ce que le PLE ?

Le Projet local d’évaluation (PLE) présente aux élèves et aux parents de « façon synthétique et globale la politique d’évaluation adoptée par l’établissement ».
Le prétendu objectif affiché par le ministère est de garantir l’égalité des candidat·e·s ! Ne nous y trompons pas, seul le BAC, examen national et terminal pouvait tendre à cette égalité entre candidat·es !

Le PLE concerne toutes les disciplines de première et terminale sauf celles évaluées par des épreuves terminales. Les classes de Seconde n’entrent donc pas dans le périmètre du Projet local d’évaluation, pas plus que les spécialités conservées en Terminale faisant l’objet d’une évaluation nationale en mars (donc en particulier toutes les spécialités des STI2D et STL).

Seuls deux textes sont règlementaires : le décret et l’arrêté du 27 juillet 2021. Ils ne comportent aucune mesure contraignante sur les modalités d’évaluation.

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043861382

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043861610

Vous trouverez donc en pièce jointe un tract exposant les enjeux du PLE et développant un certain nombre de conseils pour ne pas se laisser entrainer dans un dispositif qui s’imposera comme un carcan pour nos pratiques pédagogiques et pour l’évaluation.

Ce tract offre un appui pour intervenir dans vos établissements de manière collective et ne pas se laisser prendre au piège de ce PLE, nouvel outil pour déposséder la profession de son expertise.

La nouvelle usine à gaz : tout ça pour ça ?

La mise en place du PLE apparaît très clairement comme la nouvelle usine à gaz de le réforme du baccalauréat au prétexte de donner de la « robutesse » - comme si elles n’en avaient pas jusque-là.
En réalité, ce cadre complexe est un carcan qui ne va très peu répondre aux enjeux de l’harmonisation du contrôle continu. Autrement-dit : beaucoup d’énergie et de contraintes pour tenter de faire croire que le contrôle continu ne poserait plus de problème !

Cette procédure va-t-elle permettre d’harmoniser l’évaluation entre établissements ?

Non, absolument pas, puisque par définition chaque établissement définit un cadre d’évaluation qui lui est propre. C’est au contraire au moins accroître la différenciation de l’évaluation d’un établissement à l’autre. Cela ne répond en rien à l’enjeu des pratiques d’évaluation similaires d’un établissement à l’autre : un traitement équitable ne peut passer que par une harmonisation autour d’une épreuve identique.

Cette procédure va-t-elle permettre d’harmoniser les pratiques d’évaluation au sein de chaque établissement ?

Même pas, sauf de manière formelle. Si tel enseignant a la réputation de noter de manière « sévère », et tel autre de noter de manière plus « laxiste », le fait qu’ils se mettent d’accord pour faire chacun 3 devoirs surveillés, 2 DM et 2 interrogations de cours par trimestre ne changera rien aux réputations et aux pratiques éventuellement différentes : les enseignants continueront, s’ils le font, à noter de manière différente, mais avec le même nombre de devoirs…
L’enjeu d’une harmonisation est de définir une pratique de notation commune, et cela suppose, dans le cadre des épreuves terminales, une procédure complexe d’harmonisation autour d’attendus partagés. Avec le contrôle continu, et la fin des épreuves terminales dans la plupart des disciplines suivies par chaque élève, c’est en réalité la perte d’une culture commune de l’évaluation et donc de ce qu’il faut enseigner, de comment le noter qui se met en place. C’est un renoncement à l’objectif de transmission d’une culture et d’attendus communs à toute une génération : les manières d’enseigner risquent donc de devenir de plus en plus locales et donc inégalitaires.

Cette procédure va-t-elle rassurer les parents ?

Non, pour les raisons indiquées ci-dessus : cette procédure formelle ne changera rien aux réputations éventuelles de tel ou tel enseignant. On peut au contraire penser que cela va créer de la défiance chez les nombreux parents qui, jusqu’ici, ont confiance dans l’institution (on les incitera à se poser des questions que, jusqu’ici, ils ne se posaient pas, parce qu’elles n’avaient pas lieu d’être). De plus cela va inciter les parents à contester toujours plus les évaluations des enseignants. C’est donc à coup sûr une source de conflits croissants avec les parents, et de défiance généralisée.

Que faire concrètement ?

Retrouvez nos conseils dans le tract joint

- Eviter la généralisation du PLE à tous les niveaux du lycée
- Rédiger un PLE « lisible et synthétique » mais non engageant et non opposable 
- Veiller à rester le plus possible dans les généralités, sans quantifier quoi que ce soit, et en s’appuyant sur ce qui se fait déjà dans le lycée.
- Rappeler les contraintes réelles de l’évaluation au quotidien :
- Rappeler que le conseil pédagogique n’a aucun pouvoir décisionnaire :
- Refuser toute intégration du PLE au Règlement intérieur du lycée