22 juin 2011

Métiers - Politique académique

Conseil Académique de l’Enseignement de l’Occitan

Déclaration du SNES-FSU

Nous souhaitons remercier Monsieur le Recteur pour son engagement en faveur de l’enseignement de l’occitan et sa volonté de le renforcer dans les établissements publics de l’Académie de Toulouse.

Néanmoins les professeurs des collèges et lycées sont particulièrement inquiets en ce qui concerne tant leurs conditions professionnelles particulières que le devenir d’un enseignement pour lequel ils s’engagent souvent sans compter.

Conditions de travail des professeurs certifiés :

Le SNES-FSU souhaite, comme lors de la commission de 2010, évoquer les conditions de travail des professeurs certifiés affectés dans l’académie en collège et lycée.
- Sur les quelques 80 enseignants d’occitan dans les collèges et lycées publics plus de la moitié ne sont pas titulaires de leur postes.
- Très nombreux sont les TZR sur zone académique avec des affectations multiples (souvent 2-3 établissements au minimum) distants parfois de plusieurs dizaines de kilomètres.

Tout cela est facteur d’insécurité pour les personnels enseignants :
- insécurité professionnelle dommageable pour l ‘enseignement d‘occitan, car ils ne peuvent ni s’investir dans un établissement, ni assurer la continuité de leurs projets, ni avoir tout travail suivis en établissement. Et on sait parfaitement que l’enseignement d’occitan ne peut exister et ne se développe positivement que quand il y a un enseignant affecté et installé dans la durée.
- insécurité personnelle ensuite car il leur est impossible d’envisager de se fixer dans un quelconque lieu de l’Académie et d’y avoir un projet de vie au moment de l’affectation.

Postes au CAPES :

Le corolaire de la dégradation de ces conditions professionnelles est la situation du CAPES d’occitan-langue d’Oc où après une dizaine d’années de disette (avec un nombre de postes fluctuant entre 3 et 4) on ne sait à ce jour s’il sera maintenu ni si un recrutement de professeurs sera assuré les années à venir.
Il est indispensable que le recrutement au CAPES d’occitan soit maintenu et, de plus, qu’une agrégation d’occitan soit enfin créée pour garantir le statut même de l’enseignement et pour assurer au personnel des perspectives de carrière identiques à celles des autres certifiés.

La situation présente est catastrophique pour la continuité de l’offre d’enseignement d’occitan notamment en lycée et dans les sections de langue régionale occitan-français pour l’enseignement disciplinaire en occitan.

Remplacement des personnels :

Cette situation est d’autant plus grave que les remplacements, notamment des départs en retraite dont le nombre sera de l’ordre de 7 dans les années proches à venir, des disponibilités voire des congés divers (maladie, formation...) ne pourra être assuré.

Précarisation et dé-professionalisation :

Il est indispensable qu’il puisse y avoir une garantie de l’Etat d’assurer la continuité du service public en matière d’enseignement des langues régionales lorsque les principes-mêmes de la loi ont été respectés avec la signature de la convention entre le Rectorat et la Région. Cela passe par la garantie d’attribution de postes correspondant d’abord aux départs mais aussi aux besoins définis contractuellement.
A défaut, la continuité des enseignements ne pourra être garantie : enseignement de langue occitane au collège et d’histoire-géographie dans les sections de langue régionale, enseignements de LV II et de LV III dans les lycées.

Certes le recours à de procédure d’habilitation peut être envisagé mais elle n’est pas pour nous acceptable dans le mesure où le concours d’occitan-langue d’oc possède la valence histoire-géographie ce qui garantit la double compétence, validée par le concours, en langue occitane et dans la discipline, ce qui a permis d’assurer jusqu’à ce jour les enseignements d’histoire géographie et éducation civique dans les sections de langue régionale occitan de collège, un enseignement disciplinaire complet ne pouvant être assimilé à un enseignement de DNL de une heure.

Si le recours à l’habilitation devait être nécessaire pour palier des carences momentanées ce ne pourrait qu’être une solution à court terme, qu’il conviendrait d’encadrer pour le moins par un niveau supérieur du diplôme de compétence en langue occitane à la mise en place duquel l’Académie de Toulouse a largement contribué et dont la première session vient de se dérouler dans deux GRETA de l’Académie.

Sur la situation dans les collèges et lycées, nous avons été alertés sur le fait que nombre de collègues avaient de plus en plus de difficultés pour une prise en compte équitable de l’enseignement d’occitan dans leurs établissements en dépit de la politique académique en faveur du développement de cet enseignement.

Nous vous remercions de bien vouloir examiner ces questions.