11 février 2026

Actualités et actions

Se mobiliser, avec l’appui du SNES-FSU, pour dénoncer les conditions de préparation de la rentrée 2026

Se mobiliser, avec l'appui du SNES-FSU, pour dénoncer les conditions de (…)

Dans l’académie de Toulouse, la rentrée 2026 dans le Second degré se prépare sur une base très dégradée : 84 postes d’enseignantes supprimés. Tous les départements font les frais d’un budget d’austérité, adopté par 49-3.

Contexte dégradé

Avec seulement 819 élèves prévus en moins pour la rentrée 2026 par rapport aux prévisions de l’an dernier, la situation démographique du Second degré dans l’académie n’en est pas encore à une décrue des effectifs qui justifierait les retraits massifs de moyens enseignant que le ministère a demandé au rectorat de Toulouse d’opérer.
Les moyens dévolus à notre académie baissent plus vite que le nombre d’élèves : la situation dans les classes va donc continuer de se dégrader à la rentrée 2026, avec des effectifs en hausse et la réduction inévitable de l’offre de formation (options, parcours de formation supprimés ou maintenus avec des choix réduits, etc).
En effet, entre la rentrée 2017 et la rentrée 2025, le nombre d’élèves scolarisés dans les collèges et lycées de l’académie a cru de 5293, accompagné par la création de 259 postes d’enseignantes seulement. À la rentrée 2026, le rectorat retire 84 postes, pour seulement 819 élèves prévus en moins qu’à la rentrée 2025.
Les postes sont donc supprimés pratiquement 2 fois plus vite qu’ils n’ont été créés : 1 poste créé tous les 20,4 élèves en plus ; 1 poste retiré tous les 9,8 élèves en moins !

Loin de profiter de la baisse démographique - qui s’amorce à peine dans l’académie - pour diminuer les effectifs des classes comme le propose le SNES-FSU à coût constant, le gouvernement fait donc le choix d’anticiper la reprise de moyens, aggravant une nouvelle fois les conditions de travail des personnels et des élèves : il suffirait pourtant de ne pas supprimer de postes, sans surcoût budgétaire !

Par ailleurs, et alors que l’académie ouvre chaque année ou presque des établissements nouveaux, elle n’est dotée cette année que d’un seul poste supplémentaire de CPE ! Les dotations en AED sont pour le moment inconnues, mais l’actualité récente des établissements (Collège Bécanne à Toulouse, Collège de Grisolles, etc.) montre amplement que les besoins sont partout importants, et que le nombre d’AED actuel ne suffit pas.

Reprise de moyens dans tous les départements

Après la réunion du Comité Social d’Administration (CSA-a), boycotté par la totalité des organisations réprésentées à l’initiative de la FSU, voici la 1re répartition des suppressions de moyens 2d degré en emplois d’enseignantes (en ETP = Equivalents temps plein) :

Répartition départementale des dotations en postes d’enseignantes implantés en collège, lycées généraux et technologiques, lycées professionnels
Evolution de la dotation en postes selon implantationCollègesLycée GTLycées ProClasses Passerelles et Pôle d’Appui à la Scolarité (PAS)Solde départemental
Ariège - 5,5 - 4 + 2 - 7,5
Aveyron - 11 + 2 - 9
Haute-Garonne - 60 + 36 - 11 + 6 -11
Gers -6,75 + 0,25 + 3 - 3,5
Lot - 11,5 - 12 + 2 - 21
Hautes-Pyrénées - 7 - 7,5 + 4 - 11
Tarn - 19 - 12 + 4 - 27,5
Tarn-et-Garonne - 15 - 9 + 7 - 17
Non localisés + 19 + 19
Solde académique - 136 - 8 + 35 + 25 - 84

Les 247 collèges publics de l’académie sont donc très lourdement impactés, avec 136 suppressions de postes, là où la démographie ne permet, selon le rectorat, de n’en expliquer que 67 : le gouvernement prend prétexte de l’évolution des effectifs, mais ponctionne le Second degré très largement au-delà !

Ce n’est pas ainsi qu’il sera possible d’abaisser le nombre moyen d’élèves par classe, alors que notre pays se distingue au sein de l’OCDE par la lourdeur de ses classes. C’est au contraire le moment de profiter des évolutions démographiques pour réparer un Second degré qui n’a connu que des dégradations des conditions de travail et d’études depuis 2017 : cela pourrait même se faire à coût constant, simplement en renonçant à supprimer les postes.

La seule création de poste de CPE accordée à notre académie sera engagée pour l’ouverture du nouveau collège de Couffouleux (81) à la rentrée, là aussi sans possibilité d’amélioration de l’existant, et les seules évolutions possibles consisteront à nouveau en des redéploiements de postes. Enfin, il n’y a eu aucune création de postes de PsyEN depuis la rentrée 2017, malgré 3 800 élèves en plus à accompagner : la rentrée 2026 se fera une fois de plus à coût constant… sauf pour le déploiement de Conseillers Techniques placés auprès des DASEN, au titre du plan « Santé mentale », et financé à part, mais qui ne renforcera pas leur présence sur le terrain.

👉 Retrouvez et diffusez nos analyses de la situation nationale académiques

Préparation de rentrée 2026 - Dossier de presse du SNES-FSU Toulouse

Que fait le SNES-FSU depuis l’adoption du Budget 2026 ?

👉 Au Ministère, le SNES-FSU a bataillé pour obtenir des clarifications sur les vrais chiffres !

👉Au rectorat : la FSU a proposé le boycott le CSA-A aux autres organisations syndicales pour dénoncer les conditions de préparation de la rentrée, et a initié en urgence un appel de l’intersyndicale académique complète à un premier rassemblement devant le rectorat

👉 Les sections départementales du SNES-FSU appuient les équipes dans les établissements à l’occasion de la réunion des CA ; elles batailleront lors des CSA-d et CDEN de mars pour faire connaître la réalité de la rentrée 2026 dans l’académie.

Le SNES-FSU initie, soutient et relaye les mobilisations à l’échelle d’un établissement (audience, rassemblements, grève - des préavis sont déposés pour tous les jours). Il appelle les équipes à se mobiliser à l’occasion des CSA départementaux pour faire connaître les besoins en professeur.es, et rallier les parents d’élèves à la nécessité d’un budget construit sur d’autres bases pour 2027 !

Et dans les établissements, que faire ?

📢 Nous signaler très vite les effets des suppressions de postes (suppressions d’options, de LV, de postes...) dans votre établissement : faites-les connaître au plus vite à votre section départementale.

📢 Exiger la communication du calendrier des opérations liées à la répartition de la DGH dans l’établissement.

📢Exiger le TRMD dès à présent. Le SNES-FSU en propose un en ligne

📢 Chiffrer les besoins en divisions et groupes supplémentaires, en heures par discipline, dédoublements, développement de l’offre de formation, maintien d’options, d’enseignements de spécialité

⚠️ Avant le CA, organiser une HIS pour travailler sur la répartition. Rappel : le conseil pédagogique n’a aucun pouvoir de décision, c’est un organe consultatif, mais il doit être réuni avant le CA.

DANS LE CADRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION, LE SNES-FSU TOULOUSE APPELLE À  :

📢 En CA, maintenir les moyens en cas de baisse des effectifs, afin d’améliorer les taux d’encadrement

📢 Exiger de pouvoir voter au CA la répartition de la DHG dès février : c’est un droit, tout ce que pourra vous dire votre direction pour vous en empêcher est contraire au droit !

📢 Exiger des heures-poste au lieu des HSA, afin notamment d’éviter que des personnels partent en complément de service alors que les besoins horaires existent dans l’établissement
 demander les autres besoins pour l’établissement : CPE / AED / Infirmiere / AS / Personnels administratifs.

📢 Utiliser les nouvelles possibilités d’organisation des enseignements, après le recul du ministre sur les groupes de besoin en collège

👉Pour la tenue des CA, et les références réglementaires, voir aussi nos conseils pratiques