30 septembre 2020

Action et actualité locales

MàJ COVID-19 : la continuité pédagogique ? Garder la main sur notre métier en lui donnant du sens

MàJ COVID-19 : la continuité pédagogique ? Garder la main sur notre métier (…)

MàJ 30 septembre :

La gestion de l’épidémie dans le champ de l’Education nationale est chaotique : on doit ainsi faire le constat sur le terrain que les mesures d’éviction scolaire des cas positifs et la définition des cas-contacts sont à géométrie variable parce qu’ils font intervenir des interlocuteurs variables... aux consignes variables... !

Une conséquence en cette fin de mois de septembre où les contaminations se multiplient est le chassé croisé des élèves (ceux qui reviennent sans avoir fait la rentrée et ceux qui sont mis à l’isolement), parfois des classes fermées, tout cela à des rythmes différents (parfois, quelques jours le temps d’un test, d’autres une semaine, quinze jours en cas d’éviction).

Dans ce contexte, les injonctions à la « continuité pédagogique » se multiplient sans réflexion sérieuse sur le sujet, et sans considération pour la charge de travail et les droits des personnels.

Au cours du confinement, le SNES-FSU avait déjà dénoncé la communication ministérielle autour de cette "continuité pédagogique" et, en partant du constat des réalités professionnelles de terrain et d’une vision du métier éloignée, a partagé ses analyses notamment du point de vue des implications pédagogiques.

Pour le SNES-FSU, en cette période particulière, l’impératif doit rester le respect des droits des personnels et de la professionnalité de chacun tout en faisant vivre la continuité du service public.

CONTINUITÉ PÉDAGOGIQUE : NON AUX DÉRIVES ET À LA SURCHARGE DE TRAVAIL !

Les personnels ont répondu présent, aux côtés des élèves et des familles, ne comptant pas leurs heures, comme toujours, notamment pour faire face aux défaillances des outils institutionnels. Aujourd’hui plutôt que de continuité pédagogique, il s’agit avant tout de maintenir le lien pédagogique avec les élèves, sans culpabiliser, sans pression, alors même que les durées d’absence des élèves sont moins longues que les 55 jours du confinement.

RAPPEL : le plan de continuité pédagogique n’est activé qu’en cas de circulation active du virus, limitant le temps de cours en présentiel pour TOUS les élèves, ou en cas de circulation très active du virus, localisée, nécessitant la fermeture de l’établissement.
La possibilité de recourir un enseignement hybride n’est envisageable que si le service d’enseignement est réduit (élèves accueillis une partie de la semaine seulement) ou impossible à assurer (établissement fermé, lien pédagogique à distance uniquement).

Dans le contexte actuel :

1- Un élève est positif au Covid19, on me demande d’assurer la « continuité pédagogique », que dois-je faire ?

Un élève malade du Covid est dans la même situation qu’un élève malade de la grippe les années précédentes. S’il est éloigné de l’établissement scolaire pour cause de maladie, c’est qu’il n’est pas en mesure de suivre les cours « normalement ». Comme pour les maladies ordinaires, l’élève rattrapera les cours avec l’aide de ses camarades de classe et de son professeur le cas échéant. La seule obligation de l’enseignant, pour tous les élèves, malades ou pas, est de remplir le cahier de textes numérique . On ne peut vous imposer de faire des visios, des dispositifs hybrides visant à cumuler distanciel et présentiel.

2- Un élève est à l’isolement, avec les symptômes du Covid19, en attente de test, que suis-je tenu de faire ?
Si l’élève est symptomatique, il est donc malade (fièvre, toux etc). Comme indiqué dans la question 1, pour les maladies ordinaires comme pour le covid19, l’élève rattrapera les cours avec l’aide de ses camarades de classe et de son professeur le cas échéant. La seule obligation de l’enseignant, pour tous les élèves, malades ou pas, est de remplir le cahier de textes.

3- Des élèves d’une de mes classes sont cas contacts et sont mis à l’isolement pendant 7 jours et/ou en attente de résultats de test. On me demande d’assurer la continuité pédagogique, ces élèves ne sont pas malades, que dois-je faire ?
Dans cette zone grise, car inédite et non prévue par les textes, la seule obligation de l’enseignant reste de remplir le cahier de texte. Les dispositifs (visio, téléphone etc) autres relèvent du volontariat des enseignants. Une absence d’une semaine (nouvelle durée de l’isolement = septaine) n’est pas inhabituelle. On peut donc considérer que l’élève rattrapera ses cours de la même manière que pour un élève malade : il suit avec le cahier de texte, et le cas échéant avec tout dispositif de communication mis en place par les élèves de la classe, ou par le professeur sur le base du volontariat, et rattrapera à son retour avec l’aide de son professeur et des autres élèves.
Pour le SNES-FSU, les conséquences de la gestion chaotique de la crise sanitaire par le Ministère ne doivent pas retomber sur les personnels et occasionner une surcharge de travail.

4- Que doit contenir le cahier de texte numérique ?
Son utilisation est régie par une circulaire. Il est précisé que « le cahier de texte mentionnera, d’une part, le contenu de la séance et, d’autre part le travail à effectuer, accompagnés l’un et l’autre de tout document, ressources ou conseils à l’initiative du professeur, sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens. ». « Les textes des devoirs et des contrôles figureront au cahier de textes, sous forme de textes ou de fichiers joints ».
En dehors des devoirs, les documents ou ressources supplémentaires sont donc à l’initiative du professeur. Il n’y a donc aucune obligation d’y mettre son cours.
D’un point de vue juridique, rappelons aussi que l’agent d’État est propriétaire de son œuvre, comme tout autre auteur (article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle). Il peut donc refuser de mettre son cours à disposition. D’un point de vue pédagogique, rappelons que les documents conçus pour une heure de cours sont des supports de travail collectif. Ils ne conviennent pas à un travail à distance de l’élève, en solitaire.

Produire des documents spécifiques pour assurer à la fois les cours à distance et en présentiel alourdirait la charge de travail et n’a aucun fondement réglementaire. Pour le SNES-FSU, si la continuité du service public doit être assurée, les outils existants permettent de le faire, sans alourdir la charge de travail des enseignants.

5- Dans le cadre de la réouverture de l’établissement, mon chef d’établissement me demande d’organiser un "cours" avec un petit nombre d’élèves en présentiel et les autres connectés, depuis chez eux, à une classe virtuelle qui donne dans la classe où je me trouve. Quels sont
mes droits ? Suis-je obligé d’accepter ?

L’utilisation de votre image, mais aussi celle des élèves appelle à de nombreuses précautions au préalable. Vous êtes filmé, les élèves également si la caméra capte l’ensemble de la classe afin de suivre vos déplacements. Votre voix, ainsi que celle des élèves, est également captée. Potentiellement, la voix et l’image du prof et des élèves peuvent être enregistrées. Faites valoir vos droits notamment dans le cas d’un possible enregistrement. Vous pouvez refuser au motif que vous ne souhaitez pas que votre voix ou votre image soit captée, voire enregistrée. Dans ce cas, on ne peut vous imposer la présence d’une caméra dans votre salle de classe. Demandez également que les parents des élèves présents dans la salle soient informés de ce dispositif (donc de la possible captation de la voix et de l’image de leurs enfants) et donnent leur autorisation. S’ils refusent, ce dispositif ne peut être installé.