Derrière les apparences…

Si les premières mesures prises par J-M. Blanquer, le nouveau ministre de l’Education nationale, semblent faire écho au mécontentement de la profession, notamment sur le collège qui mobilise les collègues avec le SNES-FSU depuis deux ans, la réponse par l’accroissement de l’autonomie, véritable coeur de la réforme, n’est au mieux qu’une mesure de façade, au pire un leurre dangereux.
L’essentiel n’est pas encore visible, mais les annonces de la campagne présidentielle quant aux créations de postes sont claires. Le choix politique d’une probable baisse des recrutements dans le second degré, dans une période d’augmentation sensible de la démographie, va impacter les collèges et les lycées dès la rentrée 2017 mais bien plus lourdement les années suivantes.
Comment faire réussir les élèves sans planifier méthodiquement l’embauche de nouveaux collègues solidement formés ? Quoi que décide le gouvernement en matière d’éducation, il lui faudra bien apporter une réponse à cette question.
En attendant, le ministre donne des gages aux uns et aux autres : aux chefs d’établissement, il fait miroiter l’autonomie, les postes à profil… Aux enseignants, aux parents, souvent exaspérés par des années d’empilement de dispositifs inefficients, il promet de se débarrasser des « pédagogistes » de la rue de Grenelle, de revenir sur la fin des redoublements, ou d’assouplir les ryhmes …
Il est question également de réformer le bac … pour la session 2018.
Mais avant, c’est l’aide aux devoirs en collège qui est ressortie des cartons pour la rentrée. Rappelons que l’accompagnement éducatif a été supprimé il y a 3 ans. Sans financement, avec appel au volontariat, aux personnes en Service Civique, par l’extension des missions à des rôles pédagogique pour les AED, on mesure le bricolage qui s’annonce partout en la matière, et la vision de nos métiers qui en découle.
Difficile donc de s’y retrouver – même si on devine des lignes politiques dérégulatrices trop bien connues – tandis que derniers jours ne laissent pas de nous inquiéter sur la méthode adoptée pour les faire passer : accueil musical des élèves à la rentrée, et distribution des Fables de La Fontaine aux collégiens, sont autant d’annonces qui masquent mal les buts réels !

La tentation de tomber dans la mécanique médiatique de l’effet d’annonce est toujours grande. Si N. Vallaud-Belkacem s’y est perdue, parfois jusqu’à la démagogie, voire le ridicule, le SNES-FSU n’y sera pas sensible demain plus qu’hier.