23 juin 2011

Défense des personnels

Déclaration d’ouverture aux CAPA d’Affectation

Toulouse, le 22 Juin 2011

Monsieur le Recteur,

Nous commencerons ce propos liminaire par rappeler l’attachement des personnels du second degré à un service public de qualité, à l’ambition éducative, au paritarisme.
La FSU considère comme fondamental le « dialogue social » sous toutes ses formes et elle rappelle ici son attachement au paritarisme qui en est le socle.
Les commissions administratives paritaires sont issues du suffrage universel direct des fonctionnaires. Parce qu’elles sont obligatoirement et préalablement consultées sur les actes de gestion, elles garantissent aux personnels équité et égalité de traitement, et participent ainsi à l’accomplissement uniforme des missions de service publics qui leur sont confiées.

Les commissaires paritaires SNES, SNEP et SNUEP veilleront donc à ce que soient strictement respectés les droits et la transparence des décisions quant aux agents concernés par les mutations.

Nous rappelons également notre opposition à la communication aux collègues du projet de mutation avant la tenue des FPMA.

Monsieur le Recteur, nous allons à présent aborder quelques points étroitement liés au sujet qui nous occupe ici.

Tout d’abord, la campagne ministérielle de publicité pour le recrutement dans l’EN a choqué non seulement la communauté éducative mais beaucoup de citoyens en général. Deux aspects en sont particulièrement inacceptables :

- le message en creux, et mensonger, colporté par cette campagne,d’un Ministère en apparence en train de recruter alors que 16.000 postes seront en réalité supprimés à la rentrée, et pratiquement autant à la rentrée suivante.

- le caractère franchement sexiste qui enferme une fois de plus les jeunes filles dans des archétypes. Combien de fois, ici même n’avons nous pas déploré le faible pourcentage de filles dans les filières scientifiques, ou leur manque d’ambition scolaire ?

Cette communication d’un cynisme sans nom ne parvient cependant pas à masquer la réalité des suppressions de postes, y compris dans le grand public. Pour ce qui est de notre académie, rappelons que ce sont encore 32 postes qui disparaissent dans une contexte démographique pourtant largement positif.

Les conséquences sur le mouvement intra-académique sont lourdes et la situation est particulièrement dégradée cette année.
En effet, le mouvement sur Midi-Pyrénées se résume à offrir 460 postes pour près de 2700 demandes : belle mobilité professionnelle, en vérité !
Cette situation est largement due à la politique générale de suppressions de postes mais aussi aux choix politiques que vous avez opérés.

En effet, les postes vacants bloqués pour les stagiaires - 177 contre 84 l’année dernière - amputent largement les rares possibilités de mutation pour l’ensemble des collègues candidats au mouvement. Dans certaines disciplines, comme les Mathématiques, le nombre de postes vacants bloqués pour des berceaux a été multiplié par 3 depuis l’année dernière et ce sont 40% des postes vacants qui sont ainsi « retirés » du mouvement.
En Italien, en Arts plastiques, et dans d’autres disciplines la situation est encore pire et dans plusieurs départements, il n’y aura tout bonnement aucune possibilité de mutation.
Ainsi, le choix qui a été fait d’un service systématique à 15 ou 18h pour les stagiaires porte-t-il de très lourdes conséquences et pas uniquement pour les néo-recrutés.

Cette pénurie de postes est encore accentuée par le nombre très important des postes à profils (SPEA). Ceux-ci sont en forte hausse en raison du profilage des postes STI et CLAIR, notamment.
Il est inacceptable, et nous le dénonçons chaque année, que près de la moitié de ces postes restent vacants après le GT Spéa. Ce sont une centaine de postes qui restent ainsi et qui pour beaucoup pourraient être pourvus par le mouvement général.

En ce qui concerne les postes Spécifiques dits CLAIR, vous avez fait le choix, Monsieur le Recteur, de transformer les postes vacants en postes spécifiques. Au total, il y a donc une vingtaine de postes spécifiques académiques étiquetés CLAIR dont 4 en LP.
Malgré des mesures incitatives fortes, le recrutement sur ces postes se révèle être un échec total. Plus de 50% sont vacants après le GT Spéa. Rappelons que l’année dernière encore, la quasi totalité des postes dans les établissements RAR était pourvue.
Pour la moitié de ces postes, aucune candidature n’a été enregistrée. Pour les autres, le plus souvent il n’y a eu qu’un seul candidat par poste.
Paradoxe : par rapport aux objectifs affichés, les équipes qui étaient jusque-là relativement stabilisées sur les RAR demandent massivement leur mutation cette année.
Les premières victimes seront donc les élèves : les enseignants exercent avec conscience leur métier au service des élèves, de tous les élèves, mais force est de constater que la politique actuelle, à travers le projet CLAIR, casse l’éducation prioritaire et hypothèque l’avenir scolaire des plus fragiles.
Nous rappelons ici notre demande de retrait du programme ECLAIR.

Nous attirons également votre attention sur la situation particulièrement sinistrée de la catégorie CPE. Cette année à cause de votre politique de fermeture de l’Académie pratiquée depuis plusieurs années il y aura 24 postes fixes vacants à l’issue du mouvement et seulement 8 TZR pour toute l’académie.
Il est urgent que vous vous engagiez à demander un nombre conséquent
d’entrants au mouvement 2012, à la hauteur des besoins mis en évidence.
De plus, le SNES-FSU dénonce l’instrumentalisation du mouvement pour
résoudre des situations conflictuelles ou problématiques par le biais de voeux zéro qui lèsent d’autres collègues dans leur mobilité et qui écartent d’autres solutions pour la résolution des conflits.

D’autre part, au sujet des TZR qui sont à près de 75% des demandeurs de mutation et qui bien souvent mettent plusieurs années avant d’obtenir un poste fixe : ces collègues sont quadruplement pénalisés (peu de mutations possibles , un avancement qui reste plus lent , des conditions plus difficiles d’exercice et pour finir, l’absence de cadre paritaire pour leur affectation).
Il est vraiment temps et facile, Monsieur le Recteur, de mettre fin au moins à cette dernière injustice, c’est pourquoi nous réitérons notre demande d’un GT d’affectation pour les TZR et les stagiaires.

Enfin, nous achèverons cette intervention par un point qui nous semble essentiel car il porte gravement atteinte au paritarisme. Ce point, nous l’avons évoqué ici même dans le cadre de la réunion d’organisation des élections professionnelles le 31 mai, il concerne la communication en direction des collègues.
Monsieur le Recteur vous avez accédé à notre requête en écrivant solennellement aux commissaires paritaires pour leur rappeler leur obligation de réserve et des règles de déontologie incontournables.
Hélas, récemment encore, à l’occasion de la CAPA des Hors-Classes, des informations confidentielles ont été divulguées avant même la tenue de la commission.
Pour la FSU, ces pratiques sont inacceptables et indignes, et nous vous demandons solennellement de faire le nécessaire auprès des organisations qui se livrent à ces pratiques.

Les commissaires paritaires élus de la FSU (Second degré) : SNES-FSU, SNEP-FSU et SNUEP-FSU