GT Postes Spécifiques Académiques (SPEA)

Le Ministère a annoncé sa volonté d’étendre l’expérimentation CLAIR qui concernait une centaine d’établissements "à la très grande majorité des établissements RAR" et aux écoles primaires dépendant de ces établissements.

Dans notre académie, à la rentrée, il y aura ainsi 11 établissements CLAIR dans le second degré.

Avec ce programme, non seulement le gouvernement tue le principe d’une éducation prioritaire (puisqu’il ne prévoit pas en lui-même de moyens supplémentaires pour ces établissements) mais il met aussi en place une véritable machine de guerre contre le caractère national de l’éducation et les statuts des personnels. Le choix des personnels par le chef d’établissement, l’engagement moral par lettre de mission de trois ans, l’institution de « préfets des études », véritable hiérarchie intermédiaire, la déréglementation pédagogique sous couvert d’expérimentation, risquent d’être généralisés à terme, au-delà des seuls établissements CLAIR.

SPEA CLAIR

Pour ce qui concerne les postes dans ces établissements, le Recteur de notre académie a fait le choix, cette année, de transformer les postes vacants en postes spécifiques. Au total, il y a donc 20 postes spécifiques académiques étiquetés CLAIR dont 4 en LP. La volonté de rendre ces postes « difficiles » attractifs a conduit l’administration à prévoir, sans avoir pris la peine de consulter les représentants des personnels, de nombreux avantages pour les collègues les acceptant : bonification de sortie de 300 pts sur tous les voeux(!) , rémunération supplémentaire , bonification GRH pour l’accès à la hors-classe, excusez du peu !!

Malgré ces mesures, le recrutement sur ces postes se révèle être un échec. En effet, pour la moitié de ces postes, aucune candidature n’a été enregistrée. Pour les autres, aucun choix possible car le plus souvent il n’y qu’un seul candidat par poste.

MUTATIONS INTRA

Parallèlement à l’échec de cette forme de recrutement, nous constatons un taux très important de demandes de mutations intra-académiques émanant des collègues de ces établissements.

Par exemple, pour le collège Vauquelin, ce sont 12 collègues qui demandent une mutation sur un effectif de 33 enseignants.

Ainsi, sur les 4 collèges labellisés CLAIR cette année (La Reynerie, Stendhal, Bellefontaine et Vauquelin) on constate une augmentation de près de 40% des demandes de mutation.

On mesure dès lors l’écart entre les objectifs affichés et la situation actuelle. Au lieu de fixer les équipes pédagogiques, ce qui était un axe majeur du dispositif CLAIR, on assiste à l’exact inverse.

C’est d’autant plus grave que les équipes étaient jusque là relativement stabilisées sur les établissements concernés. Ainsi ce n’est pas la difficulté supposée des élèves qui dissuade les collègues de s’y faire muter et d’y rester, mais bien les conditions qui leur sont faites par l’administration. Les enseignants exercent avec conscience leur métier au service des élèves, de tous les élèves, mais force est de constater que la politique actuelle, à travers le projet CLAIR, casse l’éducation prioritaire et hypothèque l’avenir scolaire de ces élèves.

Il s’agit donc bien d’un double échec, dont les premières victimes seront des élèves déjà fragilisés. Dans leur intérêt, et dans l’intérêt du Service Public, il convient d’en tirer honnêtement toutes les conséquences en retirant ce dispositif.

Touloue, le 23 mai 2011