4 octobre 2016

Métier - Politique académique

DOCUMENTALISTES : audience avec les IPR EVS

DERNIERE MINUTE : la section académique SNES-FSU prévoit d’organiser un stage pour la discipline dans le courant du 2e trimestre . A suivre !

Les trois Inspecteurs Pédagogiques Régionaux Etablissements Vie scolaire de l’académie de Toulouse : Madame Moari, Monsieur Dupuy, Monsieur Roques, ont reçu une délégation CGT Educ’action et SNES-FSU du 15/06/2016 à Toulouse. Les points ci-dessous ont été abordés, à la demande des organisations syndicales citées.

I-Quelle place des professeurs documentalistes dans la réforme du collège qui entre en application à la rentrée 2016 ?

Nous interpellons les inspecteurs sur le fait que les professeurs documentalistes avaient des attentes, des espoirs quant à cette réforme, et que ces attentes se voient déçues. En effet, des collègues dans les établissements expriment leurs inquiétudes (pour certains leur certitude) de voir leur travail mis en danger par cette réforme ; dans quel cadre allons-nous pouvoir continuer à faire notre travail avec les élèves ?
Les inspecteurs rappellent la place légitime, claire et évidente des professeurs documentalistes dans la réforme, notamment avec l’EMI, place à articuler avec les professeurs de discipline. Les documentalistes peuvent appartenir à un binôme dans les EPI, comme les inspecteurs l’ont rappelé dans une lettre envoyée à tous les chefs d’établissement le 4 janvier 2016. Les établissements doivent respecter les 26h d’enseignement prévus dans les grilles horaires, dans lesquelles figurent les EPI et l’AP. L’organisation de l’AP et des EPI relève, elle, de l’autonomie des établissements.
Les inspecteurs disent l’elligibilité des documentalistes à tous les actes d’enseignement, et rappellent la place privilégiée qui est la leur dans les EPI et dans l’AP.
Nous illustrons notre inquiétude avec un exemple de terrain, les séances avec les sixièmes, inscrites dans l’emploi du temps des élèves (et pour lesquelles il a souvent fallu se battre !), qui risquent de voler en éclat ou même de disparaître..
Pourrait-on envisager une 27e heure (en plus des 26 heures légales) ?
La réponse des inspecteurs est claire : "Non." . Les demandes de dérogation auprès de la Rectrice sont très marginales et ne sont en aucun cas la règle ; elles vont à l’encontre de l’esprit de la réforme, à savoir le décloisonnement des disciplines. Il s’agit pour nous, professeurs documentalistes, d’exercer notre métier dans les 26 heures d’enseignement, de manière contextualisée. La mission de service public est bien de faire respecter le socle ; les programmes, c’est second. L’EMI est l’affaire de tous et la responsabilité de cet enseignement est partagée, comme l’EMC.
La matrice mère doit nous aider à mettre en œuvre une progression des apprentissages info-documentaires
Nous en profitons pour rappeler nos inquiétudes et les difficultés de notre métier sur le terrain ; les inspecteurs disent nous entendre, nous comprendre ; ils savent à quel point les situations sont hétérogènes, qu’en fonction de la taille des établissements et de la composition des équipes, il y a beaucoup de disparité. Mais ils tiennent à nous rassurer en arguant le fait qu’on est en ce moment dans la préparation de la réforme, qu’on n’est pas encore à l’épreuve des faits, et qu’on fera le point dans un an. « Ils sont conscients que cette réforme représente pour les professeurs une rupture énorme, notamment dans la mise en œuvre des programmes à l’échelle de cycles. Justement, les professeurs documentalistes ont à prendre toute leur place en faisant preuve d’inventivité, de créativité, grâce à la marge de manœuvre laissée aux établissements. C’est une vraie chance pour nous, l’occasion de nous positionner, ils nous invitent à nous saisir de l’opportunité de la réforme pour innover ».
Un site académique va voir le jour, pour aider le travail dans les disciplines.
Pour conclure, les inspecteurs rappellent que, oui, nous pouvons participer à un EPI, mais que nous ne sommes pas dans l’obligation de le faire.

II-Le décret sur les ORS (récupération des heures d’enseignement)

Pour les inspecteurs, le décret sur les ORS est suffisamment clair.
Pourtant les remontées des collègues dans les établissements prouvent à quel point, malgré la clarté du décret, les situations de tensions, voire de menaces proférées par certains chefs (notamment sur les heures d’IRD), sont nombreuses, parce que l’ouverture du CDI se voit réduite, avec l’application dudit décret.
Selon les inspecteurs, il faut utiliser les ressources humaines des établissements, par exemple les AED, ou les jeunes employés dans le cadre d’un service civique, afin d’ouvrir le CDI en l’absence des professeurs documentalistes, jeunes que nous pourrions former à des tâches ciblées, le prêt par exemple. Nous en profitons pour dire notre volonté d’une création d’un statut de secrétaire de documentation.
Ils notent notre demande en précisant que cela ne relève pas de leur compétence, mais ajoutent que, dans le cadre des nouvelles architectures qui se créent dans les établissements en ce moment grâce à la réforme, il faut repenser le temps de l’élève à l’intérieur de l’établissement.
Selon les inspecteurs, le CDI est la « bibliothèque publique » de l’établissement. Nous devons penser l’ouverture du CDI, lieu de vie de tout le monde, avec le CPE et le chef d’établissement. « Soyons créatifs, arrêtons de penser dans un cadre enfermant. » « Le postulat selon lequel le CDI n’ouvre pas sans le documentaliste peut être mis à l’épreuve. Les élèves peuvent travailler en autonomie, sans le professeur, même en collège ». A méditer...

III-La création d’une agrégation de documentation et la formation continue

Nous rappelons la demande d’une création d’une agrégation pour la discipline, que les inspecteurs ne jugent pas infondée, précisant que cela semble logique dans l’évolution d’un corps d’enseignement, tout en ne formulant pas leur assentiment de façon claire. De plus, nous regrettons la multiplication des dispositifs type MOOC, Magister …, qui supplantent peu à peu les formations en présentiel. Il faut de plus en plus se former sur le temps personnel sur des logiciels, Folios, par exemple. Rien ne vaut les formations en présentiel ainsi que les FIL. (formations en établissement)
De plus, si nous apprécions le fait d’avoir bénéficié cette année de deux JDD, nous regrettons aussi le fait que, depuis quelques années, les JDD ne soient plus inscrites comme des temps institutionnels de formation pour professeurs documentalistes, que nos déplacements pour nous y rendre ne nous soient plus remboursés, et que nous ayons besoin de l’autorisation des chefs d’établissement pour y assister. Cette situation, de plus, est variable d’un département à un autre.
Les inspecteurs partagent notre interrogation et travaillent en ce moment sur un projet de schéma d’organisation autour de la politique documentaire académique, notamment avec les responsables du GAPD, afin de redéfinir les JDD, en lien avec la DAFPEN. Ce schéma sera sous peu officialisé par un courrier de la Rectrice, ce qui aura pour effet d’officialiser et d’institutionnaliser la formation des professeurs documentalistes.
Ils nous informent sur la nécessité de revoir les missions du GAPD avec notamment en perspective le passage du CAFFA (Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Formateur Académique) pour les membres du GAPD.
L’audience se termine sur la volonté des inspecteurs de pérenniser ce type d’échange avec l’APDEN et des représentants syndicaux, plutôt en début d’année scolaire, pour faire le point sur les questions relatives à l’exercice de notre métier.

Notre commentaire :
Un discours institutionnel qui élude les questionnements
Conscients du rôle des professeurs documentalistes dans les établissements , les interlocuteurs présents disent s’être déjà bien engagés à « sensibiliser » les chefs d’établissements à l’action des professeurs documentalistes par leur envoi d’ un courrier le 4 janvier 2016.
Mais pour le reste, ils n’ont apporté aucune réponse concrète aux revendications portées, renvoyant à un cadrage national du Ministère .